CulturePatrimoine, loisirs Par le 8 juillet 2018

5 bonnes raisons de visiter le château de Puilaurens

Perché à presque 700 mètres d’altitude, le magnifique château de Puilaurens veille sur le village de Lapradelle et fait face aux Pyrénées… Une forteresse qui mérite assurément une visite, voici au moins 5 bonnes raisons d’aller le découvrir :

1 – son histoire

En territoire Aragonais depuis le 10ème siècle, il est en 1209, au lancement de la croisade, dans les possessions des Vicomtes de Trencavel, vassaux du roi d’Aragon.

Lors de cette croisade, le Royaume de France annexe les fiefs des Comtes de Toulouse, Comte de Foix et Vicomte de Trencavel. Le château de Puilaurens est rattaché à la Couronne de France entre 1250 et 1255.  C’est alors un castellum ou castrum administré par Pierre Catala, puis par son fils Roger Catala.

Pendant la croisade le castellum reste à l’abri des combats et il sert de refuge à des communautés de cathares, sous la protection de Roger Catala et Chabert de Barbeira

Après la croisade, les Français et les Aragonais signent le Traité de Corbeil en 1258 afin d’établir « une frontière » entre les deux royaumes. A cette occasion, les Français récupèrent les enclaves aragonaises situées au nord de la ligne de partage.

Le château de Puilaurens devient alors la forteresse royale la plus méridionale, chargée, avec les châteaux de Peyrepertuse, Quéribus, Aguilar et Termes, de protéger Carcassonne, de verrouiller la frontière entre la France et l’Aragon. Pendant 4 siècles, ces châteaux défensifs resteront les cinq fils de Carcassonne jusqu’à la signature du Traité des Pyrénées, en 1659, qui déplacera la frontière entre l’Espagne et la France, là où elle se trouve encore de nos jours.

2 – son architecture

Cette « citadelle du vertige » bâtie sur un sommet, culminant à 697 m, impressionne par sa puissance et montre le génie des architectes français du 13ème siècle. En construisant les murs d’enceinte au bord des surplombs, ils limitaient les possibilités d’approche et réduisaient le nombre de soldats nécessaire pour défendre le château.

Dès les premières marches de l’accès en chicane au bas du château, il est facile de comprendre que la lutte était rude pour pénétrer dans la bâtisse, l’ennemi déjà attendu depuis longtemps devait gravir 9 niveaux fermés régulièrement par un mur percé de meurtrières accompagné d’une porte à abattre.

Pendant ce temps la garnison tirait aussi sur l’envahisseur du haut des tours et de la barbacane précédant la porte d’entrée. Celle-ci est, en outre, surmontée d’un assommoir et suivie d’un cul de sac fermé par une autre porte dont les murs de par et d’autre sont percés de fenêtre de tir.

A l’intérieur de la première enceinte, on peut découvrir les vestiges des créneaux impressionnants par leur taille, dominant les vallées environnantes ils permettaient le contrôle des alentours. Des trous dans les murs montrent les emplacements de toitures et de bâtiments contre les murs de la cour. Deux petites portes annexes laissent penser qu’il y avait moyen de sortir et rentrer « en catimini », à l’insu de l’ennemi.

Si la multiplication des systèmes de défense rendait l’attaque extrêmement dangereuse, il restait le siège pour prendre le contrôle du château mais deux citernes remplies par l’eau de pluie, d’une contenance de 25 m3 chacune, mettaient la garnison à l’abri de la soif.

Une deuxième enceinte, sur la partie la plus haute du sommet, difficile d’accès, fermée aussi par une porte avec assommoir, présente un donjon, un garde-manger ainsi qu’une tour cylindrique munie d’un conduit porte-voix et ornée d’un plafond en croisée d’ogives. Des machicoulis protègent le flan le plus « vulnérable » de la forteresse.

3 – ses points de vue

J’éprouve toujours le même plaisir à rejoindre la « poterne » qui de l’angle sud-est de la cour principale permet d’accéder à l’extérieur de Puilaurens pour contempler un magnifique panorama.

En bas le hameau de Puilaurens, le long de la Boulzane, et la petite église du 12ème, dédiée à St Laurent qui a donné son nom au château (le sommet de Laurent). A l’horizon, au bout de la vallée, le majestueux sommet du Pic du Canigou surmonté d’un bonnet de neige, éclatant de soleil ou enveloppé d’écharpes de nuages.

En face du château, la Serre d’Alquière et ses cavités dont la grotte de l’œil, me transportent plusieurs milliers d’années en arrière, à l’époque des magdaléniens, des chasseurs de rennes qui pêchaient au harpon dans la rivière et venaient se protéger du froid dans ces abris naturels.

Vers l’Est, la forêt des Fanges m’évoque les Galions du Roi Soleil, dont les matures étaient construites avec les sapins de grande taille que Colbert faisait couper dans la forêt royale tandis que le sommet du Pic de Bugarach, la montagne des légendes, surmontent le massif des Corbières.

Du haut du promontoire, parfois, le petit train rouge passe sur le viaduc de Lapradelle transportant les touristes heureux de Rivesaltes à Axat

4 – son environnement

A l’extrémité Ouest du Massif du Fenouillédes, le château de Puilaurens domine un carrefour naturel, entre la vallée de la Boulzane et le couloir du Fenouillédes qui relie la plaine du Roussillon et la Haute Vallée de l’Aude.

Autour du site, la forêt à perte de vue offre sa faune et sa flore et ses sentiers de randonnée telles la Serre des Aiguilles ou le Tour du château. De quoi faire de bonnes séances de Sylvothérapie : câliner un arbre au milieu du chant des oiseaux.

A quelques kilomètres, à pied par le sentier cathare ou en voiture par la D117, en direction de Perpignan, vous pouvez rejoindre les gorges de Galamus et les châteaux de Quéribus et Peyrepertuse. Vers Carcassonne, les gorges de St Georges, les gorges de l’Aude, les gorges du Rebenty vous proposent de belles balades dans une nature préservée. De nombreux prestataires vous invitent à des séances de sports d’eau vive entre Axat et Quillan.

Les départements limitrophes, l’Ariège et les Pyrénées Orientales vous proposent aussi, de la méditerranée aux montagnes des Pyrénées, un grand nombre de sites à découvrir entre amis ou en famille pour des séjours riches en émotions variées.

5 – sa légende

Quatre tours flanquent le château et protègent ses abords. L’une d’elle, située dans la partie haute du site se nomme « la tour de la dame blanche » ?

Depuis le 19ème, siècle du romantisme, la légende raconte l’histoire d’une jeune femme de 14 ans, arrière petite nièce du Roi Philippe IV le Bel qui aurait fait un long voyage pour rejoindre son futur mari. Un mariage politique avec Pierre de Castille qui devait lier la France et l’Espagne.

Le chemin fut long pour Blanche de Bourbon qui trouva un peu de repos lors d’une halte au château de Puilaurens avant de continuer sa route vers un destin cruel, aussi cruel que le surnom de l’homme auquel elle était promise.

Nul ne sait si la jeune blanche commit la moindre faute pendant son voyage, au pays de l’Amour Courtois, mais Pierre de Castille ne l’accueillit pas comme il se devait. Ce mariage forcé, décidé par sa mère, ne lui convenait d’autant pas qu’il aimait passionnément une espagnole Maria de Padilla de Toledo qui était sa maîtresse officielle.

A peine la cérémonie achevée, sous quelques prétextes inventés, accusant la pauvre Blanche de quelques rouerie ou tromperie, Pierre décida de partir en ordonnant de faire enfermer sa jeune épouse. La malheureuse passa le reste de sa vie emprisonnée, jusqu’à l’âge de 22 ans où elle fut assassinée sur l’ordre du cruel monarque.

Ni l’intervention du Pape, ni celle de Marie, la reine mère de Pierre, ne purent changer le cours du destin de la jeune femme. N’ayant ni régné, ni enfanté, elle aurait dû disparaître totalement si Prosper Mérimée n’avait pas exhumé son histoire.

On raconte que son fantôme erre certaines nuits près de la Tour ou elle fut accueillie.

En savoir plus :

CHATEAU DE PUILAURENS
11140 PUILAURENS

Tél. +33 4 68 20 65 26


https://www.chateau-puilaurens.com/
http://www.payscathare.org

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